Le kanji qui compose son nom se traduit par « auréole », plus précisément, le halo lumineux autour de la tête d'un saint. Pour quiconque a eu la chance de goûter un Gokou d'Uji dans toute sa maturité, la métaphore n'est pas excessive. Il y a dans ce matcha quelque chose de solennel, une profondeur qui tient autant du terroir que de l'histoire.
Sélectionné dans les jardins d'Uji au début des années 1950 à partir de plants zairai (semences locales anciennes), le Gokou demeure à ce jour un cultivar non enregistré officiellement une anomalie dans un monde du thé japonais où chaque variété est consignée avec précision. Cette singularité contribue à son aura : rare, peu produit, difficile à sourcer.
Le Gokou est un cultivar spécialiste, non généraliste. Là où d'autres variétés se montrent versatiles selon les régions ou les styles de préparation, le Gokou exprime son plein potentiel dans une configuration précise : ombragé, récolté à la main, broyé à la pierre, et cultivé à Uji. Sortez-le de ce cadre, et quelque chose se perd.
Son profil aromatique est immédiatement reconnaissable. Un umami profond mais jamais écrasant, un caractère doux, et surtout une signature végétale unique qui s'exprime pleinement en monocultivar. Certains dégustateurs y perçoivent des notes boisées, d'autres une évocation de cèdre ou de forêt après la pluie, cet arôme caractéristique, parfois décrit comme « nori » ou laiteux, est une signature des cultivars patrimoniaux de Kyoto.
Le Gokou est aujourd'hui l'un des matchas les plus difficiles à trouver en dehors du Japon. Ce n'est pas un thé de démonstration. C'est un thé de connaissance.